Voilà quelques mois déjà que de beaux et irresponsables esprits nous rebattent les oreilles avec de vieux mensonges bien connus de tous. Stigmatisant la politique, prétendument inhumaine, appliquée par l’Etat, ils s’évertuent piteusement à en appeler aux mannes de la Résistance française face à un nouveau Vichy imaginaire.
Songez donc ! Des forces obscures, bottées et casquées, toutes vêtues de noires, arracheraient en masse de paisibles et honnêtes familles, parfaitement intégrées, bien sûr, à la société nationale, désireuse par-dessus tout de concourir au destin collectif français !
La réalité des chiffres des expulsions fait pourtant mentir ces menteurs. Et c’est d’ailleurs bien regrettable, puisque c’est bien le seul élément sur lequel il faudrait donner raison à ces Don Quichotte de bazar, j’y reviendrai.
La caractéristique du discours pro-clandestin, et du discours immigrationniste en général, est qu’il avance masqué. Il se pare avec facilité des oripeaux de la générosité, de l’humanité, du noble refus de l’homme libre contre l’Etat sans visage qui broie tout. On nous rejoue des centaines de fois Antigone contre Créon ! Comme l’ombre de l’amour de son prochain est confortable ! Combien de projets déraisonnables s’y cachent avec aisance!
La réalité, elle, est d’une transparence absolue. La vie en collectivité n’est source de paix et de concorde qu’à la condition que les lois votées par les représentants démocratiquement élus par les citoyens soient source du respect de tous. Quand elles ne le sont pas, elles doivent être appliquées sans faille. Non par un quelconque goût pour la force ou par une obscure vénération pour l’Etat, mais bien parce que c’est là un des fondements non négociables de ce qu’est la vie dans une société démocratique équilibrée. Le vœu du souverain doit être respecté et en démocratie, le souverain, c’est le peuple. En l’espèce, son bras armé, l’Etat, doit appliquer la loi et reconduire à la frontière tous les clandestins.
Donc : s’opposer à l’expulsion des clandestins (je ne sais pas ce qu’est un « sans papier »), entré sur notre territoire en violation des lois que, moi, citoyen, j’ai librement choisies, c’est violer délibérément la loi.
Donc : apporter un soutien, par tous moyens, aux clandestins, c’est créer un appel d’air irresponsable en direction de populations respectables et fragiles, c’est se rendre complice d’une violation de la loi des Français.
Alors, pourquoi ? Oui, pourquoi faire cela ? Pourquoi entretenir de telles chimères ? Chimère de la France, pays de Cocagne, chez les candidats au voyage ; chimère d’une immigration absolument bénéfique pour la collectivité (sans se poser la question d’un seuil optimal) ?
Ces Français, heureusement minoritaires, ces complices d’un malheur et d’une désillusion ne sont pas innocents. Ils ne peuvent se cacher derrière le petit doigt de leur petite posture humanitaire d’individus isolés. Ce serait trop facile. Ils sont citoyens et accomplissent une action politique, c’est-à-dire une action qui ne peut se concevoir et porter ses fruits que dans sa dimension collective.
Alors, quel est ce but politique ?
Je pense que le but inavouable est de déstabiliser une France qu’ils fantasment et qu’ils détestent : quelque chose comme un pays de paysans conservateurs, racistes, égoïstes, catholiques, fascistes (sans se demander si tout ça va bien ensemble…). Ils veulent changer la France parce qu’ils ne l’aiment pas. Mes pauvres amis… Cette France de vos fantasmes paranoïdes n’existe pas ! La France est aujourd’hui ouverte au monde comme peu de pays, curieuse des différences, généreuse sans faillir, ferme avec les forts, bienveillante avec les faibles, respectueuse des droits, propagatrice d’espoir et de liberté pour tous les peuples. Bien sûr, il reste tant à faire ! Et c’est précisément pour cela qu’il faut réguler l’immigration pour garantir les équilibres subtils et fragiles de notre démocratie perfectible. Pour relever les défis de demain.
C’est toute la différence. Nous voulons bâtir, améliorer, réformer, résoudre les difficultés sans nous payer de mots. Nous prenons tout doucement la France, comme elle est, vieille dame belle et imparfaite, dans sa grandeur absolue et dans sa fragilité infinie…
Mauriac avait écrit, après la guerre, ces mots pleins de justesse à propos des fascistes qui applaudissaient l’accroupissement de Munich au nom du bien, an nom de la paix : « Il faudra s’interroger un jour sur ce qui a conduit ces nationalistes à une haine inconsciente de leur pays ». Chers amis, cette question, il faut se la poser aujourd’hui pour le public de ces belles âmes qui veulent nous pousser vers l’abîme…
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Si les institutions seront au cœur de la campagne il est un sujet tout aussi fondamental qui devra être placé au premier plan. Il s’agit de celui de nos finances publiques et plus particulièrement celui de la dette de nos administrations publiques. Ce sujet doit avoir échappé au parti socialiste qui se contente de ses traditionnelles incantations : « Nous voulons réhabiliter la volonté politique pour (…) réduire nos déficits » (p.16 de « Réussir ensemble le changement »). Puis plus rien. Ou plus exactement des propositions pour augmenter les dépenses. On nous promet notamment le retour des emplois jeunes (ceux que le gouvernement Raffarin avait supprimé et qui n’avaient pas été budgétés par le gouvernement de Lionel Jospin) et la généralisation des trente cinq heures (qui ont largement contribué à l’accroissement de la dette).
Aujourd' hui, nous célébrons un triste anniversaire : celui de la mort du déni de réalité. En effet, un certain nombre de sociologues des cités, qui, par ailleurs n’y mettent pas les pieds, découvraient avec stupeur le phénomène des voyous. Ceux qu’ils considéraient comme des héros modernes mettaient le feu à nos quartiers dits « sensibles ». Depuis des années, les gouvernements successifs ont lâchement abandonné ces zones de non droit et ont occulté ces problèmes réels. Il est temps de briser le tabou de l’origine de ces violences. Je sais qu’un livre entier ne suffirait pas à en cerner la profondeur des causes de ces émeutes, mais, modestement, je vais donner les six raisons majeures qui, à mes yeux, sont à l’origine de cette guerre civile :
Un des mystères inexpliqués de notre vie politique si riche, c’est le l’échec du mouvement « les Verts ». Comment se fait il qu’avec une idée aussi consensuelle que celle de l’écologie, les verts soient aujourd’hui à 3% ? Pour l’anecdote, Nicolas Hulot ferait, s’il se présentait, plus du double, soit 7% des intentions de vote.

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