Jeudi 21 février 2008
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Pour faire parler de lui quand les temps sont maussades, Sarkozy a toujours eu du flair. Systématiquement, il énonce une mesure, une
idée, un point de vue qui concentre les tirs des médias et de la classe politique. Ces derniers mois, les thèmes n’ont pas manqué : immigration, colonisation, respect de la France,
génétique, Guy Moquet, mariage, vacances… La liste est longue de tous les thèmes évoqués par le Président pour faire parler de lui. Sa stratégie de communication peut être résumée dans cette
formule : « tant qu’on parle de moi, on ne parle pas des autres ». Cette théorie, inverse de celle du Président sortant, a démontré sa justesse et son
efficacité.
Pourtant, sur le fond, elle peut s’avérer infondée. L’idée de demander aux élèves de s’identifier à un enfant juif mort pendant
l’Occupation est tout simplement scandaleuse. Mettons de côté l’arguement d’un certain nombre de psychiatres qui considèrent que cette identification est dangeureuse pour l’élève car elle
introduit l’idée de mort dans l’esprit de jeunes enfants. C’est peut être vrai, je n’en sais rien.
L’essentiel est ailleurs, bien ailleurs :
1) Sarkozy a assisté à ce fameux diner du Crif, diner qui n’est
qu’une réunion mondaine. Le Président de la République n’a rien à faire devant un pare terre de gens davantage préoccupés par le moyen Orient que par l’avenir de leur pays : la France. Les
seules fois où il a été question de notre pays, c’était pour dénoncer la montée de l’antisémitisme (véridique) mais sans en identifier les auteurs. Quand l’antisémitisme se résumait à l’extrême
droite, les hauts dignitaires juifs n’avaient jamais assez de mots pour exprimer leur dégout de la bête immonde (bête soit disant génétique chez les francais..). Depuis que cette dernière a
vu ses militants condamnés lourdement par la justice, ses actions anti juives ont décrues. Dans la même période, les actes antisémites des nouveaux immigrés a explosé, sans que la presse, pour
éviter les tensions communautaires » (sic), s’en émeuvent.
2) Cette mesure est en contradiction totale avec sa campagne
présidentielle. Durant des mois, Nicolas Sarkozy a répété partout qu’il fallait en finir avec la repentance. Les premières pages du roman national, que le Général avait mis tant de temps à
écrire, ont été déchirées par Chirac lorsqu’il a reconnu la culpabilité de l’Etat français au Vel d’Hiv en 1995 (discours d’Albanel…). Une étape supplémentaire a été franchie par la mesure
Sarkozy : les enfants français seront rendus coupables des faits commis par une poignée d’irresponsables trop heureux de se soumettre à l’ennemi. La France est dotée d’une histoire
exceptionnelle : pourquoi ne jamais mettre en scène ces évènements qui font de nous un pays hors norme ? Comment faire aimer la France à nos enfants en ressassant nos
crimes ?
3) Cette mesure conforte l’idée (absurde) selon laquelle Sarkozy
serait aux mains de la communauté juive : la commémoration à géométrie variable donnera des arguments aux adversaires les plus farouches du Président (oubliant qu’au moment de la création du
culte musulman, les mêmes dénonçaient l’islamophilie du ministre de l’intérieur…).
4) Enfin, d’un point de vue politique, l’intêret est nul : les
juifs de France sont en grande majorité acquis à la cause du Président actuel.
En résumé, Sarko a commis une énorme erreur. Si l’intention était de faire diversion, c’est un succès. Au prix d’une escalade identitaire, c’est cher payé,
trop cher payé !
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